Protection civile de Ghlin : un service au public qui aurait dû rester !

Les syndicats des travailleurs de la caserne de la Protection Civile (PC) de Ghlin invitaient la population, ce samedi 28 décembre à une matinée d’adieux. Dans la cour, les carillons ont accompagné le discours de la commandante Joëlle Brouillard et les différentes démonstrations animées par les agents.

Nous avons répondu à l'appel, et sommes allé pour soutenir leur cause et contribuer à sensibiliser la population sur l'importance de ce service au public.

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Suite à la restructuration de l’ensemble du secteur de la sécurité civile, décidée par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon, quatre casernes sur les six existantes actuellement, seront fermées à partir du 1er janvier 2019.

Ne subsisteront que deux postes dont un en Flandre, à Brasschaat, près d’Anvers, et un en Wallonie, à Crisnée, près de Liège, qui seront ainsi renforcés en matériel et en personnel.

"Seules resteront l'Unité de Brasschaat (fief du ministre Jambon) proche d'Anvers et l'Unité de Crisnée, frontalière du Limbourg... , déplorent les syndicats.

"Lors d'un déclenchement du Plan d'urgence nucléaire dans les centrales de Tihange ou de Doel, les casernes, judicieusement choisies par notre ministre de l'Intérieur, seront directement impactées car sous les vents dominants. Cherchez l'erreur. De plus, le service de secours à la population, mission régalienne par excellence, glisse lentement mais sûrement vers une régionalisation voire une privatisation", poursuit le front commun.

 

L’invitation était libellée sous la forme d’un faire-part de décès. Et il est vrai que malgré le plaisir et la fierté du personnel à faire la démonstration de tout leur savoir-faire, on percevait très bien leur tristesse et même leur rancœur suite à cette décision. Les agents ont même été jusqu'à refuser de participer au défilé du 21 juillet cette année.

 

Pendant toute la matinée, nous avons pu apprendre et admirer le travail de différentes équipes dont les tâches sont peut-être moins bien connues du grand public que celles des services incendie.

Le service de Protection Civile existe depuis 1954.

Il est appelé en deuxième ligne par d’autres services notamment les services incendie, la police, les communes et n’est donc pas directement accessible au public comme l’est celui des pompiers.

 

Il y a 280 agents pour les 3 sites wallons Crisnée, Ghlin et Libramont dont seulement 156 personnes seraient retenues pour le site de Crisnée.

 

Les agents, qui sont actuellement des fonctionnaires, doivent postuler s'ils veulent continuer dans la nouvelle organisation. Ils ont trente jours pour se décider, trente jours à dater de la  parution officielle. Ils doivent  remplir diverses conditions. Ils doivent disposer de l'un ou l'autre brevet ou certificat, selon les fonctions.

Ils doivent réussir des épreuves d'aptitude et de motivation, avec au moins  60% des points.

Mais ce n'est pas tout : ils vont être classés selon les notes qu'ils auront obtenues. Seuls les 156 premiers, catégorie par catégorie, brigadiers, dispatcheurs, sergents, plongeurs ou lieutenants, vont être repris. Ce n'est donc pas un examen, mais un concours. Un concours pour conserver son poste dans la fonction publique, c'est sans doute une première !

Les gens en surplus ? Ils peuvent demander à se réorienter dans une zone de secours, dans un service d'incendie, ou vers un emploi dans un autre département, avec un accompagnement individuel. Cela représente une vingtaine de travailleurs.

Selon une première estimation syndicale, deux travailleurs sur trois vont changer de métier. La mise en place doit être bouclée avant janvier...

 

Les volontaires ne sont payés que lorsqu'ils interviennent et ils sont payés à l'heure. Le tarif est le même que ce soit les week-end ou les jours fériés...Leur travail ne provoque pas de coûts exorbitants.

En formation, ils étaient payés 2,48 euro de l'heure...

Ils se sont engagés dans cette mission pour aider les citoyens, pour participer à une mission de service public, en plus de leur travail principal, pour offrir leurs services, leur talent (chimiste, plongeur, travail dans le bâtiment...). Ils sont tristes pour leurs collègues professionnels qui vont perdre leur travail alors qu'eux n'ont pas la même vision des choses; ils gardent leur activité professionnelle principale.

Vu leur statut , ils ne sont pas défendus par une délégation syndicale mais chacune des  4 compagnies de Ghlin avait un représentant, un porte-parole élu par les collègues. 

Les volontaires pourraient être rattachés à Crisnée. Certains conservent leur rattachement au poste avancé de Walcourt à proximité des barrages de l'Eau d'Heure qui subsiste pour l'instant.

Alors que ceux de Jumet, Dinant et Namur.... ferment.

Il reste aussi le cas des 6 ou 7 contractuels. Que vont-ils devenir?

Ce sont les communes et les citoyens qui payeront !

Pour les syndicats, la mise en place de la nouvelle structure de la Protection Civile prévue à la date du 1er janvier 2019 va beaucoup trop vite. C'est la population qui pourrait être pénalisée et le citoyen risque de mettre la main au portefeuille. C'est l'avis de Joëlle Brouillard, commandante à la Protection Civile de Ghlin et déléguée CGSP : "Actuellement, les zones de secours (une vingtaine dans le Hainaut) sont toujours en train de vivre leur réforme. Elles ne sont pas encore capables pour certaines d'absorber de nouvelles missions. Il y aura donc un problème au niveau de la sécurité. Si on transfère des missions vers des zones de secours, il n'y aura pas de refinancement de celles-ci. Ce seront les communes et les citoyens qui vont payer".  

Elle aimerait pouvoir conserver un poste avancé à Ghlin et un centre de formation spécialisé dans la recherche de personnes ensevelies grâce à des chiens formés à cette mission.

La poursuite du démantèlement de ce service public devra être assumée.

Certaines des tâches finiront par être confiées au privé. C'est déjà le cas du balisage sur les lieux d'accident de la route. Ce sont les dépanneurs qui le font, qui seront payés par les assureurs qui répercuteront le coût sur les assurés.

Les agents de Ghlin pensent que la caserne construite à Gembloux aurait été un choix plus judicieux d'un point de vue géographique. Implantée entre les deux provinces, Namur et Brabant Wallon, elle était jugée nécessaire pour rapprocher la protection civile de zones de danger potentielles entre Bruxelles et Namur. Les deux provinces namuroise et brabançonne comprennent plusieurs usines Seveso.

Plus de dix millions d'euros ont été dépensés pour répondre à un cahier de charges spécifiques :  avec car-wash, pompes à essence, garage et cuisine collective. Cette caserne n’a jamais été opérationnelle.

Enfin, les véhicules et le matériel de Ghlin seront soit transférés à Brasschaat ou à Crisnée, soit déclassés.

La caserne de Brasschaat, fief du Ministre Jan Jambon, a été conservée alors qu’elle est aussi vétuste que celle de Mons.

Beaucoup font part de leur incompréhension face au fait que c'est le site de Ghlin qui ferme alors qu'il est celui qui compte le plus d'interventions… 

Pour eux le schéma est le suivant : on retire des missions au Fédéral dont certaines vont être régionalisées,

puis renvoyées aux communes qui vont devoir privatiser ces services....

 

Des recours ont été introduits par les syndicats, par des agents lésés et la commune de Mons a également introduit un recours.

Plus d'infos :

https://www.rtbf.be/info/regions/detail_la-protection-civile-de-ghlin-symboliquement-enterree-samedi?id=10107089 

https://www.civieleveiligheid.be/fr/operational-units/ghlin

https://www.rtbf.be/info/regions/hainaut/detail_les-agents-de-la-protection-civile-ont-rendu-un-dernier-hommage-a-la-caserne-de-ghlin?id=10107740

https://www.dhnet.be/regions/mons/reclassement-timide-des-agents-de-protection-civile-de-ghlin-5aff2c11cd70c60ea70fda44

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20170404_00985174/en-2019-la-protection-civile-aura-disparu-a-ghlin

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20170404_00985011/fermer-la-caserne-de-ghlin-n-est-pas-un-bon-choix-selon-sa-commandante

https://www.dhnet.be/regions/mons/fermeture-de-la-protection-civile-de-ghlin-ce-metier-a-encore-un-bel-avenir-5c1fb3737b50a666f30f1f9a

https://www.rtbf.be/info/regions/detail_l-inquietude-des-volontaires-de-la-protection-civile-de-ghlin?id=9898426

https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_protection-civile-de-crisnee-gagner-un-concours-pour-garder-son-emploi?id=9967361


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